lundi 10 décembre 2012

Qui sont ces gens victimes de violence?

Lorsque nous entendons dans les bulletins de nouvelles ou lisons dans les journaux que des gens ont été victimes de harcèlement tellement grave que leur santé en a été sérieusement altérée, qu'ils se sont suicidés, que d'autres ont été tués par leur conjoint ou parent ou collègue, nous déplorons le malheur de leur situation et nous nous interrogeons sur les raisons pour lesquelles la violence a pu escalader à ce point. Nous nous demandons comment il se fait que l'entourage n'ait pas vu venir l'événement et puis encore qui sont ces personnes victimes de violence. En fait, ils sont  vos enfants, votre parenté, vos amis, vos collègues, vous et moi.

SITUATIONS DÉSAGRÉABLES DITES-VOUS?


Avez-vous remarqué le comportement agressif du conducteur qui, ce matin, s'évertuait, au risque d'emboutir la voiture devant lui, à ne pas laisser un automobiliste entrer dans la voie qui mène à la bretelle d'accès de l'autoroute? Ou l'autre qui invectivait royalement, doigt d'honneur en prime, le chauffeur de l'autobus scolaire parce qu'il est passé devant de peine et de misère pour changer de voie, en pleine circulation pour prendre la prochaine rue à gauche? Ou encore la caissière qui poursuivait sa conversation personnelle avec sa collègue sachant très bien que vous l'attendiez et démontiez des signes d'impatience? Et c'est sans vous rappeler la collègue de bureau de votre cousine qui manigance constamment contre ses collègues et leur dessert des critiques dénigrantes à peine voilées. Oh et le nouveau petit ami de votre sœur qui gère ses moindres déplacements, qui  lui dicte qui elle doit voir, comment elle doit s'habiller. Ah! et que dire de votre conjoint (e) dont vous anticipez la crise parce que vous êtes arrivé(e) plus tard du bureau encore une fois et qui va vous remettre pour la énième fois sur le tapis que vous aimez plus votre travail que lui (elle), que vous ne passez pas suffisamment de temps ensemble, tout ça pendant que vous vous dépêcher, sous les cris et les critiques acerbes, à préparer le souper en catastrophe. Je pourrais poursuivre en exemples de toutes sortes mais je crois que plusieurs autres situations similaires que vous avez vécues ou dont vous avez été témoin vous reviennent déjà à la mémoire.

Rage au volant, insultes, ignorance, manipulation, dénigrement, vol de la propriété intellectuelle, contrôle, harcèlement, violence verbale, physique, ce sont toutes les violences que vous ou vos proches subissez lorsque vous êtes confrontés à ces situations. Et elles engendrent chez tous des émotions qui enclenchent des réactions physiques désagréables pouvant aller jusqu'au déclenchement de maladie chroniques qui affectent incontestablement la santé mentale.

LES ÉMOTIONS GÉNÉRÉES PAR LA VIOLENCE


Toute violence, peu importe sa forme ou son degré de manifestation déclenche une réaction émotive chez la personne agressée: déstabilisation, incompréhension, offuscation, sentiment d'injustice, sentiment d'impuissance, frustration, hypervigilence, agressivité, colère, doute, honte, anxiété, angoisse.

Les manifestations physiques qui en découlent peuvent prendre la forme d'un courant électrique qui descend le long de l'échine dorsale, d'un brûlement envahissant l'intérieur du corps, de sifflements dans les oreilles, une accélération des battements du cœur, d'une contraction musculaire générale, d'une constriction de la cage thoracique, d'un serrement de la gorge, d'une transpiration abondante soudaine, de tremblements intérieurs, d'une lourdeur oppressante qui donne une impression d'incapacité de se mouvoir, d'incapacité d'agir.

Douloureux n'est-ce pas!

Et de ces manifestations physiques peuvent découler des états de fatigue, d'épuisement et de déprime pouvant mener à la dépression.

IMPACTS SUR LE QUOTIDIEN


Ces manifestations entraînent inévitablement des répercussions dans vos relations avec autrui. Remémorez-vous une situation similaire à celles décrites ci-haut et prenez le temps d'observer les comportements que vous avez adoptés par la suite.

Lorsque vous vous êtes fait empêcher de changer de voie, comment avez-vous réagi? Quel était l'état dans lequel vous étiez lorsque le commis a finalement daigné vous servir? Avez-vous emballé vos articles brusquement, le visage crispé tout en pestiférant en silence contre son mauvais service? Combien de temps avez-vous été dans cet état? Quand vous entendez votre collègue dénigrer les autres, dans quel état cela vous met-il? Quelles sont les pensées qui vous viennent à l'esprit? Vous sentez-vous impuissant? Et lorsque vous anticipez votre retour à la maison ou votre arrivée au travail ou à l'école, qu'avez-vous réellement envie de faire? Réagissez-vous en transposant vos émotions sur les autres en les rabrouant, adoptant un comportement impatient, désagréable presque agressif?

Lorsqu'il s'agit d'une agression ponctuelle (un client dans un magasin qui vous rabroue avec agressivité car vous êtes sur son chemin), vous recevez cette attaque sur le fait, l'émotion vous gagne, votre réaction physique se manifeste, votre état d'esprit change subitement, vous gérer l'émotion, vous la rationalisez et retournez à vos occupations. Il subsiste toutefois cette tension du corps pendant encore quelque temps jusqu'à ce que l'évènement sois recalée aux confins de votre mémoire. Lorsque les agressions sont fréquentes jusqu'à devenir régulières (harcèlement moral - violences physiques), ces manifestations émotionnelles et physiques vous habitent en tout temps. Les comportements que vous adoptez deviennent acquis et vous servent de bouclier protecteur face aux attaques. L'état de vigilance qui vous habite constamment contribue au maintien de ces comportements et vous vous retrouvez ainsi dans un cercle d'autoprotection.


Ces états envahissant détériorent progressivement votre estime de soi, votre confiance en soi et les réactions de votre entourage face à vos comportements endossent vos croyances de doutes et de honte, vous portent à vous isoler et vos relations s'en trouvent affectées. Ce sont ces même réactions qui peuvent laisser présager à votre entourage, inconscient de la nature et de l'ampleur de votre situation, que vous êtes en quelque sorte, la source de vos maux.

L'IMPORTANCE D'AGIR SUR LA SITUATION


Il est possible de se sortir d'une situation de violence quelle qu'elle soit. Les agresseurs agissent parce qu'on leur permet d'agir, parce qu'on reste muet face à leurs attaques sournoises. Ils profitent de notre méconnaissance du sujet et de notre laxisme pour installer leur processus de destruction et notre affaiblissement leur permet d'amplifier leur violence sur nous. Plus tôt la situation est prise en main, plus aisée en sera son contrôle et sa gestion. Car la violence ne s’annihile pas, elle se contrôle et se gère.

CONCLUSION


Il vous est possible d'apprendre à contrôler et à gérer la violence que vous subissez de la part d'un tiers en établissant vos limites. Pour ce faire, il faut être bien accompagné tout au long du processus par une personne outillée à vous aider à reprendre le pouvoir sur votre situation. Cette réappropriation est un processus graduel qui est possible par l'alliance du partage de connaissance, de l'apprentissage de stratégies de résolutions et d'un soutien continu.


À mesure que vous développez vos connaissance sur les violences et ces processus, que vous définissez vos objectifs, développez vos outils de résolutions, retrouvez vos ressources internes, vous retrouvez progressivement le sentiment de pouvoir sur votre vie, votre estime de soi et votre confiance en vous.

La violence ne vous enlève pas vos ressources, elle les anesthésie.










9 commentaires:

  1. Merci pour cet article...
    et Bravo encore à toi pour ton travail et ton aide envers ces personnes !

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  2. Merci pour cet article fort intéressant et aussi pour ton aide envers toutes ces personnes qui souffrent de violence.
    Belle fin de journée !!!

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  3. Merci pour cet article. Les personnes qui souffrent de violence ont besoin de gens comme toi.

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    1. Merci Danielle! J'ai bénéficié de cette aide moi-même et d'être en mesure d'aider d'autres personnes à s'affranchir à leur tour est pour moi très important.

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  4. Cette article tombe pile dans ma vie. Merci !

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    1. Je suis heureuse que cet article puisse vous aider. Je vous invite à venir lire mon prochain article qui sera disponible au courant de la prochaine semaine et qui parlera des différentes phases d'installation de la dynamique de la violence et les effets pervers exercés sur la victime.

      Merci de m'avoir lu ;)

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  5. Intéressant... j'ai découvert au courant de l'année que la violence faisait partie de ma vie de façon sournoise, depuis longtemps. J'ai fait beaucoup de ménage depuis, je m'entoure de mieux en mieux, j'ai de plus en plus d'outils et je reste vigilante! Et je passe le message... De joyeuses fêtes à vous! :)

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  6. Merci de commenter. J'espère que mes articles vous apporteront des notions pertinentes pour continuer à vous affranchir. Joyeuses fêtes aussi!

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